rédiger un écrit technologique

Cycle 2Cycle 3UPEAA

 

L'intention pédagogique

Produire un écrit multimédia de type « explicatif ».
Pratiquer le français, à l’oral et à l’écrit.

Les programmes

« Produire des écrits variés en s’appropriant les différentes dimensions de l’activité d’écriture.« 
(pp 112)

Activité


Dans le cadre d’un projet de réalisation d’un circuit électrique simple, Pierre propose à ses élèves non francophones de rédiger une fiche de montage multimédia à destination des camarades de l’école afin de leur permettre de réaliser à leur tour un disque de Newton en suivant une notice de montage.

Les élèves prennent des photos des différentes étapes de réalisation de l’objet.
Ils les sélectionnent/suppriment, retouchent, organisent puis les enrichissent d’écrits (annotations, légendes) et/ou d’enregistrements audios jugés nécessaires à leur bonne réception-compréhension par leurs camarades.
Pierre laisse les élèves s’organiser librement et communiquer en français pour s’entre-aider à écrire la fiche et utiliser l’application. Il n’intervient qu’à leur demande ou lorsqu’il repère un besoin particulier.

Ils diffusent enfin leur écrit multimédia auprès de leurs camarades.

 

Applications

iOS

appareil photo
photos
book creator
Pertinence ?

La composante sonore de la production écrite multimédia a amené les élèves allophones à persévérer dans la production d’énoncés oraux français compréhensibles.

Combinées à l’enjeu de socialisation de leurs travaux, la simplicité et l’immédiateté des fonctions d’enregistrement-écoute de capsules audios ont permis aux élèves de se concentrer sur l’amélioration de leurs productions orales.

L’impact potentiel de l’utilisation collective de tablettes tactiles sur le développement de compétences langagières chez des élèves non francophones d’école élémentaire a fait l’objet d’une étude menée en 2012 dans la classe de Pierre, présentée lors du congrès AREF 2013.

découverte du principe alphabétique

Cycle 1GS
L'intention pédagogique
Découvrir le « principe alphabétique ».

Travailler sur la relation phonies-graphies

Les programmes
« Découvrir le principe alphabétique et commencer à le mettre en œuvre (p7) comprendre comment se fait la transformation d’une parole en écrit, d’où l’importance de la relation qui va de l’oral vers l’écrit
– Manipuler des syllabes.
– Discriminer des sons (syllabes, sons-voyelles ; quelques sons-consonnes hors des consonnes occlusives).
– Reconnaître les lettres de l’alphabet et connaître les correspondances entre les trois manières de les écrire : cursive, script, capitales d’imprimerie. Copier à l’aide d’un clavier.
– Écrire son prénom en écriture cursive, sans modèle.
– Écrire seul un mot en utilisant des lettres ou groupes de lettres empruntés aux mots connus. »
(pp 7-8)

Activité

Les élèves découvrent l’application :
– écouter « le nom » des lettres, écouter « le bruit » des lettres, seules ou combinées
– écrire son prénom ou celui d’un-e camarade …

Antoine les invite ensuite à saisir sur une tablette des mots découverts en classe et écrits sur des affiches qui ne sont pas visibles depuis l’espace de travail : ce travail de restitution différée oblige ainsi les élèves  à mémoriser la suite de lettres composant le mot travaillé.
Antoine observe, étaye et valide l’activité des élèves.
Une fois ce travail réussi, les élèves vont écrire et imprimer le(s) mot(s) via l’ordinateur et l’imprimante de la classe.
Enfin, ils découpent le(s) mot(s) imprimé(s) et le(s) rangent dans une enveloppe personnelle dédiée pour constituer un stock personnel de mots connus.

Plus tard dans l’année, la tablette est mobilisée pour outiller des tentatives d’écriture de mots proposés par les élèves ou l’enseignant(e) en bruitant les lettres.

Préparation
Paramétrer l’application :
– activer l’option « phonèmes » ;
– limiter le nombre de lettres disponibles ;
– prononciation du bruit d’une lettre au déplacement ;
– activer le détecteur de gros mots et désactiver la musique de fond
– tester la prononciation et si besoin spécifier la prononciation d’une combinaison de lettres

Application

iOS

la magie des mots
Matériel, supports

affiches de mots rencontrés/étudiés

ordinateur(s) et imprimante en classe

Pertinence ?

Le clavier est paramétrable : ordre alphabétique ou AZERTY, cursives ou script (minuscules ou majuscules) ; toucher les lettres sur le clavier entraîne la prononciation de leur nom ou de leur son.

Le principal inconvénient de cette application « ouverte » (en ce qu’elle permet de travailler n’importe quel mot, contrairement aux applications qui proposent un corpus de mots défini et limité *) est dû aux erreurs de prononciation du moteur de synthèse vocale : une proposition correcte sur le plan orthographique peut ainsi être présentée comme erronée par la machine.
Il est donc indispensable de définir une liste de mots pour tester le moteur de synthèse vocale et si besoin, définir des exceptions de prononciation à l’aide d’une fonctionnalité développée.

En l’état, l’application impose une recherche à l’échelle de lettres/phonèmes. Un « partenariat » s’est construit avec l’auteur/développeur qui a accepté de mettre à la disposition du « groupe Ardoises » parisien une version béta de l’application permettant de paramétrer une sélection de syllabes écrites à manipuler : à suivre donc …

Seule une connaissance fine des élèves a présidé à la mise en place en grande section de maternelle d’un dispositif de ce type qui ne vise aucunement à introduire précocement des activités trop formelles sur l’alphabet et les sons.
Ce dispositif nous semble en revanche, après adaptation bien sûr, trouver toute sa place en CP.

* « Dictée Montessori » (L’escapadou – iOSAndroid) est une version équivalente mais limitée à une sélection finie de 240 mots, ce qui a permis d’éliminer toutes les erreurs de synthèse vocale.

 

Références

Mireille Brigaudiot, Apprentissages progressifs de l’écrit à l’école maternelle, Hachette Education, 2006

Emilia Ferreiro, Margarita Gomez Palacio, Lire-Écrire à l’école. Comment s’y apprennent-ils ? […], Lyon : CRDP, 1988

Rémi Brissiaud, Sur la découverte du principe alphabétique en maternelle, [lire sur le site]

apprendre à écrire

cycle 2CP
L'intention pédagogique
Observer, analyser, reproduire les gestes d’écriture.

Proposer un modèle dynamique.

Les programmes
« Écriture »
« Ayant commencé d’apprendre à écrire (en cursive, au clavier) en GS, ils complètent l’apprentissage du geste graphomoteur non achevé et perfectionnent leurs acquis (sureté et vitesse), automatisant progressivement le tracé normé des lettres.
Activités permettant le perfectionnement des acquis (sureté et vitesse) et complétant l’apprentissage non achevé à l’issue de la maternelle*, après explicitations et démonstrations du professeur, avec son guidage aussi longtemps que nécessaire.« 
(pp 20-21)
* « L’écriture cursive nécessite quant à elle un entraînement pour apprendre à tracer chaque lettre et l’enchaînement de plusieurs lettres, en ne levant qu’à bon escient l’instrument d’écriture. […] Il devra être continué de manière très systématique au cours préparatoire. »
(p. 8)

Activité

Antoine vidéo-projette la trace dynamique d’une lettre(s) ou d’un mot : diffusion intégrale, pauses pour décomposer le tracé, répétition partielle pour isoler un détail, mettre en avant un point d’attention.
Les élèves observent, décrivent commentent le mouvement du tracé : point d’attaque, orientation, direction, arrêt…
Antoine reformule, attire l’attention sur une difficulté.
Des critères de réussites sont déterminés et hiérarchisés.

En se référant si besoin à une trace modèle diffusée en boucle, les élèves s’entraînent individuellement avec crayons/stylos et papier.
L’enseignant-e peut capturer (photo ou vidéo) des tracés en zoomant sur la main de l’élève.
Un cadrage plus large permettra de mettre en évidence des positions de bras, la position assise des élèves.
Pour s’évaluer, les élèves peuvent capturer sur une tablette des tracés réalisés avec le doigt ou avec un stylet adapté*.

Une sélection de traces de l’activité est vidéo-projetée puis commentée :
visionnage critique de tracés erronés (réalisés par l’E, compilés par l’enseignant-e…) ;
verbalisation par les élèves du « chemin des lettres » ;
observation critique de tracés « en live » (mirroring caméra-enregistrement possible)
L’enseignant-e peut éventuellement archiver certaines traces (photos, vidéos) dans le nuage de la classe.

En grande section de maternelle, Antoine a adapté ce dispositif, comme en témoignent les photos en tête d’article.

Préparation

téléchargement d’images de réglure depuis l’excellent site de Jérôme Desmoulins par exemple

importation-sauvegarde dans la pellicule

préparation du support-élève:
– importation de l’image de réglure dans un nouveau projet Explain everything,
– sauvegarde/export du projet vers le nuage de la classe** pour la mise à disposition des élèves

enregistrement de traces dynamiques « modèles »

Applications

iOSAndroid

explain everything
VLC
Pertinence ?

A moins d’avoir à disposition un stylet « actif » connecté en bluetooth à la tablette, le geste d’écriture capturé n’est pas identique à celui réalisé avec papier et crayon : seule la pointe de l’outil scripteur utilisé (doigt ou stylet) peut s’appuyer sur l’écran de la tablette, la position de la main n’est donc pas académique ; la surface d’écriture en verre n’accroche pas comme le papier ; l’embout en plastique des stylets « passifs » diffère selon les modèles et contraint plus ou moins son degré d’inclinaison.

Pour autant, la capture vidéo du tracé rend possible l’observation de son déroulement, dans les meilleures conditions possibles : décomposition du tracé pour mettre en évidence les mouvements du geste d’écriture, évaluation du tracé et non plus seulement de la seule trace écrite finale.

L’accès libre aux vidéos permet un visionnage répété autant de fois que nécessaire, selon les besoins de chacun. Leur mise à disposition sur Internet, via le site de l’école offre aux élèves et à leurs camarades une possibilité de consultation à l’extérieur de l’école.

Références

Apprendre à écrire de la PS à la GS, Collection Pédagogie Pratique, Marie-Thérèse Zerbato-Poudou, RETZ, 2007

Caroline Jolly, Edouard Gentaz, Évaluation des effets d’entraînements avec tablette tactile destinés à favoriser l’écriture de lettres cursives chez des enfants de Cours Préparatoire, Revue STICEF, Volume 20, 2013, ISSN : 1764-7223, mis en ligne le 12/07/2013, http://sticef.org

D’autres applications proposent des modèles sur lesquels l’élève est invité à repasser à l’aide du doigt ou d’un stylet :
– lettres ou mots, en cursives ou scriptes, accompagnées d’indications relatives au point d’attaque, au sens de rotation et au lever de crayon
– toute erreur dans le tracé (sortie de la zone dédiée au tracé, mauvais point d’attaque ou erreur dans le sens de la rotation…) est signalée (alerte sonore et/ou visuelle) à l’élève.
Leur impact sur la mémorisation de la forme des lettres et leur tracé a fait l’objet d’une étude menée en 2014 dans plusieurs classes de moyenne section du « groupe Ardoises » parisien, présentée ci-dessous (support de communication utilisé lors du colloque JOCAIR 2014).

ParisV-Communication-JOCAIR-2014

adapter un texte en bande dessinée

Cycle 3CM1
L'intention pédagogique

Questionner activement, pour mieux le comprendre, un texte littéraire en l’adaptant sous la forme d’une bande dessinée.

Les programmes

« Les activités de lecture restent indissociables des activités d’écriture, qu’il s’agisse des écrits accompagnant la lecture (cahiers ou carnets de lecture pour noter ses réactions de lecteur, copier des poèmes, des extraits de texte, affiches, blogs), de ceux qui sont liés au travail de compréhension (reformulation, réponses à des questions, notes, schémas…) ou de l’écriture créative qui prend appui sur la lecture des textes littéraires.

Comprendre un texte littéraire et l’interpréter :
Mise en œuvre d’une démarche de compréhension à partir d’un texte entendu ou lu : identification et mémorisation des informations importantes, en particulier des personnages, de leurs actions et de leurs relations (récits, théâtre), mise en relation de ces informations, repérage et mise en relation des liens logiques et chronologiques, mise en relation du texte avec ses propres connaissances, interprétations à partir de la mise en relation d’indices, explicites ou implicites, internes au texte ou externes (inférences).
Mise en relation de textes et d’images.
>> Activités permettant de construire la compréhension d’un texte : rappel des informations retenues (texte non visible) ; recherche et surlignage d’informations ; écriture en relation avec le texte ; repérage des personnages et de leurs désignations ; repérage de mots de liaison ; réponses à des questions demandant la mise en relation d’informations, explicites ou implicites
(inférences) ; justifications de réponses avec retour au texte.
>> Activités variées permettant de manifester sa compréhension des textes : réponses à des questions, paraphrase, reformulation, titres de paragraphes, rappel du récit (« racontage »), représentations diverses (dessin, mise en scène avec marionnettes ou jeu théâtral…) ».
(pp 104-105)

Activité

Au préalable, les élèves de Caroline ont
– étudié le tableau « Orphée aux Enfers » de Brueghel,
– lu une version du mythe : caractérisation des personnages, découpage de l’histoire, écriture de résumés associant un évènement à une vignette,
– étudié des caractéristiques du genre « BD »,
– réalisé des dessins sur feuilles A4 avec des crayons de couleurs.

Les élèves ont photographié le dessin retenu pour une vignette et procèdent aux retouches et recadrage éventuels.
Ils démarrent Book Creator, choisissent un format de livre (BD), intègrent un gabarit (« panel ») de vignette unique dans lequel ils insèrent l’image précédemment réalisée.
Ils ont ensuite ajouté des cartouches et bulles de dialogue pour y insérer les écrits préalablement travaillés sur papier, en veillant à les disposer dans le sens de la lecture.
Ils ont enregistré et inséré une mise en voix du texte.
Ils ont enfin exporté le livre électronique (epub) ainsi créé vers le nuage informatique de la classe.
Caroline compile les productions des élèves dans un livre numérique dédié qui fait l’objet de lectures collectives critiques au fur et à mesure de l’avancée du projet.

Une fois le projet abouti, la version électronique est importée dans la bibliothèque des tablettes tactiles et mise à disposition des familles sur le nuage informatique de la classe.
Caroline a également fait réaliser, avec le précieux concours d’un parent d’élève, un tirage papier en couleurs pour chaque élève.

Préparation

choisir un format (portrait, carré ou paysage) qui sera impérativement respecté sur toutes les ardoises utilisées pour réaliser les pages de la BD, sans quoi, il sera impossible de les compiler dans un fichier unique ;
limiter éventuellement le choix des « panels » (nombre et disposition des cases) : mettre à la disposition des élèves un fichier-type à compléter peut être préférable.

compiler les livres produits par les élèves, supprimer/déplacer des pages

Applications

iOS

appareil photo
photos
book creator
Pertinence ?

Le recours au numérique a permis de réunir/compiler mais aussi combiner/assembler les nombreuses productions de tous les élèves, en assurant à l’ensemble une cohérence visuelle.

Tout le travail numérique a été directement réalisé par les élèves, sans recours à d’autres machines que les ardoises électroniques.

Tous les élèves ont pu apporter leur contribution à cette adaptation collective et y ont ainsi participé activement, dans toutes ses dimensions : production d’images, productions et améliorations d’écrits, enregistrements audios, numérisation, retouches et mise en forme.